Delacroix et ses carnets de voyages

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Olivia López Bueno est née à Melilla en 1981. Elle a une maîtrise en Publicité & RR.PP à l’Université Complutense de Madrid.
Née à Melilla, elle fait des études de Publicité et Relations Publiques à l’Universidad Complutense à Madrid et devient dessinatrice graphique publicitaire. Actuellement,elle habite à Fuengirola et veut se consacrer à l’enseignement des techniques audiovisuelles.




Delacroix et ses carnets de voyages
Il arrive rarement de pouvoir profiter de l’œuvre d’une figure remarquable comme celle d’Eugène Delacroix (1798-1863). Cependant, grâce à une de ces belles coïncidences avec laquelle le hasard nous surprend des fois, je me suis retrouvée un soir d’automne plutôt frais au milieu d’une rétrospective de cet artiste, qui s’expose à Madrid jusqu’au 15 janvier 2012.
Cette exposition, organisée par « La Caixa » avec le Musée du Louvre, réunit plus de 100 œuvres, parmi lesquelles on trouve quelques huiles très connues comme La Grèce sur les ruines de Missolonghi, (1826, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux).
Pourtant, c’est l’une des étapes de l’exposition , celle consarée au Maroc, qui m’a rappelé cette particularité dans la vie de Delacroix : ses carnets de voyage.
Le Romantisme, à cette époque là, s’exprimait conforme aux préceptes de l’imagination, des fois, avec certaines inclinations pour l’orientalisme, surtout, dans les nus féminins, dominés par un sens irréel de l’exotisme, propre au XVIIème siècle.
Mais Delacroix a été un des rares artistes de son époque qui a réellement peint l’Orient tel qu’il était, c'est-à-dire, tel qu’ il le découvrait avec ses propres yeux, et pas à travers la fantaisie idéalisée de ses contemporains.
Son périple commece en 1832, quand Louis-Philippe de France décide d’envoyer Charles Edgar de Mornay en Afrique du Nord en mission spéciale. Il s’agit de porter un message de paix à l’empereur du Maroc et aux Britanniques. Sa maîtresse officielle, Mademoiselle Mars, l’accompagne, et lui suggère d’ajouter Eugene Delacroix à la liste de voyageurs.
Pendant six mois, l’artiste n’arrête pas de peindre toutes ses expériences dans ces carnets qu’il appelle « Album du Maroc », découvrant l’éblouissante lumière et la couleur des paysages, ses habitants, la sensualité et le mystère, aspects qui l’accompagneront par la suite dans sa création artistique.
Le résultat : sept carnets avec plus de 100 dessins : des croquis et des aquarelles pleines de l’expressivité et de la spontanéité du moment. Malheureusement, il ne reste que trois carnets au Musée du Louvre et un autre au Musée Comte de Chantilly.
De retour en France, il crée des belles toiles à partir de ses notes, comme « La Noce juive au Maroc » (1837), à laquelle il a vraiment assisté le 21 février 1832 à Tanger.
Le tableau « Les Femmes d’Alger dans leur appartement »(1834) a été source d’inspiration d’artistes impressionnistes postérieurs, de Renoir à Matisse, notamment, pour son intense palette de couleurs. Picasso s’en est inspiré aussi, et a peint quelques toiles portant le même nom : Femmes d'Alger, dont la version de 1955, a été vendue pour 18,6 millions de dollars en 2005.
Et tout cela, c’est peut-être grâce à ces carnets de voyages, une sorte d’appareil-photo à l’époque du Romantisme.

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